Un musée dans une gare, les plus belles collections impressionnistes à Orsay

Un passage obligé pour comprendre cette révolution artistique inspirée par la vie quotidienne, faite de couleurs, de lumière, d’émotions grâce à de nouvelles techniques.

Un musée dans une gare ! Une gare qui renferme la plus belle collection d’art impressionniste du monde ! Elle est l’œuvre de l’architecte Victor Laloux et fut bâtie en deux ans afin de recevoir les visiteurs venant à l’exposition Universelle de 1900 à Paris. Le site est prestigieux : sur le bord de Seine (le Quai d’Orsay) à deux pas du Louvre, il conçoit un édifice de métal revêtu de pierre, auquel il ajoute un hôtel luxueux dont ont été préservés aujourd’hui le restaurant et la salle des fêtes.

La gare est sauvée de la destruction en 1973 ; classée à l’Inventaire des Monuments Historiques, on décide d’en faire un musée de toutes les formes d’expression artistique de la seconde moitié du XIXe siècle et du début du XXe. La collection impressionniste se trouve au 5e étage ; afin de mieux l’appréhender, le visiteur doit d’abord s’attarder au rez-de-chaussée afin de tenter de répondre à la question : pourquoi ces œuvres, universellement appréciées, ont-elles été l’objet de moqueries, de scandales à l’époque où elles ont été créées ? Pour tenter d’y répondre, il faut en premier lieu aborder les œuvres dites « académiques » admises par la toute puissante Académie des Beaux-Arts : elles se réfèrent à l’Histoire et à la mythologie, les histoires qu’elles racontent sont passionnantes à découvrir.

Nous découvrons Ingres, Delacroix et la grande toile de Thomas Couture « La Décadence de l’Empire romain » au regard de l’immense et énigmatique « Atelier » de Gustave Courbet.

A Barbizon, petit village proche de Fontainebleau, un groupe de peintres décide de planter ses chevalets en plein air, afin de capter les effets de lumière sur les paysages : Camille Corot, Jean- François Millet, Théodore Rousseau …ouvrent la voie à une nouvelle conception de la peinture. La grande toile de Manet « Le déjeuner sur l’herbe « nous accueille au 5e étage ; Edouard Manet qui ose défier les professeurs de l’académie des beaux-arts, par le scandale que sa toile suscite, sera le guide des jeunes Pissarro, Degas, Renoir, Monet, Caillebotte, Cézanne ...

Ces jeunes talents sont décidés d’inventer une nouvelle peinture. Leurs toiles nous parlent aussi de la vie parisienne : les cabarets de Montmartre, les cafés, le Paris d’Haussmann mais aussi la campagne environnant la capitale (Pontoise, Aubervilliers, Bougival, Port Marly…). L’analyse des toiles de Paul Cézanne révèle la source du cubisme, celles de Monet nous mène vers l’abstraction…

Ces 70 années de création (1848-1914) feront de la France un lieu d’effervescence artistique, au point que Chagall qui viendra s’y installer qualifiera Paris de « ville lumière-égalité «  ; notre exploration peut continuer…

Anik Doutriaux

Crédits Photo RMN : Gare Saint Lazare - Claude Monet - 1887 - Musée d’Orsay -

Galerie photo

Le Déjeuner sur l'Herbe, Edouard Manet 1883 RMN_Musee_­d_Orsay_Herve_Lewand­ow Impression, soleil levant, 1872, Claude Monet Musée Marmottan (...) Montagne Sainte Victoire vue de Lauves, 1902, Paul Cézanne, Philadelphia (...)