Marseille, porte de l’Orient

« Le vieux port, les forteresses, le musée des civilisations et… » Bonne mère » !

Après un premier tour du vieux port, devenu une moderne marina toute remplie de yachts et autres voiliers de plaisance dont l’un des quais porte le nom de Marcel Pagnol, nous avons visité le Fort Saint-Jean. Et bien sûr il y a toujours le Ferry-Boat, (à prononcer « férri-boâte ») pour passer d’un côté à l’autre du bassin.

Parce que la jolie Gyptis fille du roi des Ségobriges (une tribu celto-ligure) aurait, lors d’un banquet de bienvenue, offert au beau Protis, marin grec, une coupe d’eau, signifiant par là qu’elle le choisissait pour mari, Marseille aurait été fondée.

Deux forteresses se font face de chaque coté du port : le Fort Saint Jean et le Fort Saint Nicolas construits sous le règne de Louis XV ; nous constatons non sans surprise que les canons de Saint-Nicolas sont tournés vers la ville. A cette époque, on avait une fâcheuse tendance à se révolter contre l’autorité royale !

Nous avons pu admirer, dans le prolongement du fort Saint-Jean, l’architecture surprenante de Rudy Ricciotti du MUCEM (musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée) avant d’aller déjeuner sous une ombre rafraîchissante d’un sympathique restaurant dans la vieille ville. Dans l’après-midi le « petit train » (sur pneus et pas à grande vitesse cette fois), nous a amené jusqu’à Notre-Dame-de-la-Garde, la « Bonne Mère » qui veille sur Marseille, les Marseillais et bien entendu tous les autres qui lui rendent visite, sans discrimination aucune. On ne pourrait pas tout raconter, mais on ne peut pas oublier le passage à la Préfecture, d’abord pour saluer l’aimable et généreuse hospitalité de Sabine Bouillon et de son époux Préfet de région, mais aussi parce que le monument est lui-même tout à fait particulier. C’est la plus grosse préfecture de France sur le plan architectural. Les salons sont au moins deux fois plus vastes que ceux de l’hôtel du Ministre au Quai d’Orsay, et comme eux décorés de fresques et à la feuille d’or. La similitude de la décoration ne peut surprendre puisque les deux bâtiments datent de Napoléon III. On ne peut pas se surprendre non plus que l’Empereur ait, paraît-il, révoqué le Préfet qui l’a fait construire et qui en avait assez clairement « exagéré » les proportions. Mais enfin s’il y a une ville où l’exagération est par principe permise, voire exigée, n’est-ce pas Marseille ?

Par Jacques Villemain et Véronique Debieuvre